La guerre de Cent Ans (1337-1453) en quelques mots

 

 

La guerre de Cent Ans, en fait plusieurs guerres

La guerre de Cent Ans est en fait une succession de guerres et de conflits locaux qui a secoué l'Europe Occidentale dans une période traditionnellement considérée comme allant de 1337 à 1453. Elle puise ses origines dans des tensions parfois anciennes, à savoir :

Viennent s'ajouter à cela des conflits locaux comme les guerres ibériques (Castille, Aragon, Portugal) dans les années 1350-1380, où intervinrent Français, Anglais et Navarrais.

Principales alliances

Les alliances évoluèrent bien souvent et le quatorzième siècle fut un exemple de renversements d'alliances et de manigances en tout genre. On peut néanmoins distinguer deux principaux axes :

D'une part, l'axe français:

D'autre part, l'axe anglo-navarrais :

Les Papes ont parfois été favorables à l'un ou l'autre des partis, et ont parfois été neutres, cherchant à promouvoir la paix en Europe. A partir du Schisme d'Occident de 1378, les papes de Rome ont été reconnus par l'Angleterre, et les papes d'Avignon (d'origine française, déclarés ensuite antipapes) par la France et l'Ecosse, mais aussi par la Castille, l'Aragon et la Navarre (à partir de 1390, Charles II n'ayant jamais pris officiellement parti de son vivant).

Le déclenchement de la guerre de Cent Ans

Le début de la guerre est traditionnellement fixé par les Historiens en 1337, lorsque le roi Edouard III d'Angleterre refuse de prêter hommage au roi de France Philippe VI de Valois pour la Guyenne (l'Aquitaine), qui lui vient de ses ancêtres, estimant en tant que roi ne pas avoir à prêter hommage au fils d'un comte (Philippe VI de Valois, héritier collatéral des derniers Capétiens, n'était que le fils du comte Charles de Valois, alors qu'Edouard III était fils d'Edouard II et d'Isabelle de France, elle-même fille de Louis X le Hutin). Une autre raison est la concurrence économique entre France et Angleterre dans les Flandres notamment.

Les hostilités

Les Anglais d'abord

Les Anglais remportent quelques victoires au début: l'Ecluse (1340), Saint-Omer (1340), Crécy (26 août 1346). Les Anglais font prisonnier le roi d'Ecosse David II en 1346 (bataille de Neville's Cross).

La grande peste de 1347-1348 interrompt un temps les hostilités.

En 1355, le duc de Lancastre (fils d'Edouard III) lance une chevauchée en France.

Intervention des Navarrais

En 1356, Philippe de Navarre et le duc de Lancastre font une nouvelle chevauchée en Normandie suite à l'arrestation de Charles II de Navarre par Jean II. Puis le prince de Galles chevauche depuis l'Aquitaine et bat les Français à Poitiers (19 septembre 1356).

A partir de 1358, la France est soumise au chaos de par l'impuissance de la royauté (Jean II est prisonnier et le dauphin Charles impuissant), l'agitation intérieure et l'insécurité générale. En 1358-1360, la France est parcourue par des compagnies anglaises, navarraises et par des brigands se réclamant de ceux-ci. Edouard III fait une chevauchée en France en 1359-1360, qui tourne mal. La paix est signée à Brétigny (1360).

Dans ces années, de nombreuses compagnies de mercenaires démobilisés parcourent la France et ravagent le pays. En 1362, ils battent même l'armée française à Brignais.

En 1364, le roi de France Jean II meurt en captivité à Londres et Charles V lui succède. Avec Du Guesclin, il défait les troupes navarraises et anglaises à Cocherel près d'Evreux (16 mai 1364).

Le conflit se déplace en Espagne

Libéré, Du Guesclin est envoyé par Charles V en Castille en 1365 pour aider le comte Henri de Trastamare à s'emparer du trône de son demi-frère Pierre Ier dit le Cruel. Ceci est l'occasion de se débarrasser des compagnies de brigands qui infestent la France et se déplacent en Espagne. Henri de Trastamare devient le roi de Castille Henri II (avril 1366).

Pierre Ier ne s'avoue pas vaincu. Il s'allie aux Anglais et à Charles II de Navarre pour reconquérir son trône. Henri II, à la recherche d'appuis, s'allie aux Français et aussi à Charles II. Henri II est à son tour renversé par les partisans de Pierre Ier et les Anglais à Najera (3 avril 1367), où Du Guesclin est à nouveau fait prisonnier. Charles II s'étant fait promettre le Pays Basque en récompense par les deux partis, il l'envahit sans plus attendre (1368). Finalement, Pierre Ier est battu et tué par Henri II à Montiel (1369). Cette arrivée en Castille de l'allié des Français signe le désengagement des Français sur le théâtre espagnol.

Attaque des possessions anglaises et navarraises en France

Le roi de France Charles V décide alors d'attaquer l'Aquitaine anglaise. Les Anglais reculent petit à petit. En 1378, les Anglais ne sont plus dangereux: ils ont reculé, Edouard III est décédé (1377), son successeur Richard II est trop jeune et l'Angleterre en proie à des dissensions internes. 

En avril 1378, Charles V décide de conquérir les terres françaises du roi de Navarre. En parallèle, Henri II de Castille attaque la Navarre. Charles II voit ses terres normandes occupées, et doit en Espagne signer le traité de paix de Briones (1379) avec Henri II. 

L'indépendance du Portugal

En 1383, la mort du roi Ferdinand Ier de Portugal y ouvre une succession dynastique. L'héritier est en principe le couple royal castillan, formé par Jean Ier de Castille (fils d'Henri II) et Béatrice, fille de Ferdinand Ier. Jean d'Aviz, frère bâtard de Ferdinand Ier ne l'entend pas ainsi, ce qui conduit les Castillans à entrer en guerre au Portugal (1384), aidé des Navarrais et de cavaliers français. Mais Castillans et Français sont battus à Aljubarrota (1385), les Navarrais restant invaincus car arrivés en retard... 

Une pause avant la suite des hostilités

Ainsi s'achève la première phase de la guerre de Cent Ans. La guerre reprendra au début des années 1400 entre Français et Anglais. Elle s'achèvera en 1453 avec la bataille de Castillon, qui vit la défaite des Anglais, puis avec la chute de Bordeaux, ancienne capitale anglaise de l'Aquitaine, en octobre 1453.

Retour à l'accueil


Version pour mobile

Copyright Bruno Ramirez de Palacios 2014-2017 - Tous droits réservés

Toute reproduction intégrale ou partielle des pages de ce site faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (art. L.122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle) et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants.